BM 178-3 2020

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Bulletin monumental 178-3 : Sommaire

Articles

- Notes sur le massif occidental de Saint-Denis, par Jacques Moulin

- Saint-Denis : la verrière de Saint Louis reconstituée, par Thomas Clouet

Actualité

Aveyron. Livinhac-le-Haut. Une maison du XVe siècle à La Roque-Bouillac (Diane Joy et Gilles Séraphin). — Le décor peint, arboricole et fruitier de la maison de La Roque-Bouillac (Virginie Czerniak)

Yonne. Saint-Père. Une sculpture déposée du portail redécouverte (Philippe Beyney)

Chronique

Premier art gothique. Sculpture De l’usage des modèles dans la sculpture de la première moitié du XIIe siècle (Élise Baillieul)

Notre-Dame de Paris. Représentations peintes et enluminées, XVe-XVIe siècle. «  Que montre-t-on de Notre-Dame au Moyen Âge  ?  » (Dominique Hervier)

Architecture, XVIIIe siècle. Nouveau regard sur les collections anglaises de maquettes en liège (Alice Thomine-Berrada)

Histoire des jardins, XIXe siècle. L’École nationale d’horticulture et l’enseignement de l’art des jardins (Jacques Moulin)

Bibliographie

Patrimoine. Benjamin Mouton, Sens et Renaissance du patrimoine architectural (Françoise Hamon)

Architecture. Marcello Angheben, en collab. avec Pierre Martin et Éric Sparhubert, Regards croisés sur le monument médiéval. Mélanges offerts à Claude Andrault-Schmitt (Philippe Araguas). — Roland Schaer et Dominique Perrault (dir.), Chambord, 1519-2019 : l’utopie à l’œuvre (Étienne Faisant). — Marion Boudon-Machuel (dir.), Le château d’Azay-le-Rideau (Julien Noblet). — Christian Albenque et al., L’hôtel de Matignon, du XVIIIe siècle à nos jours (Françoise Hamon)

Vitrail. Karine Boulanger (éd.), Le vitrail dans la demeure des origines à nos jours. Vitrer et orner la fenêtre (Isabelle Lecocq). — Isabelle Lecocq et Yves Dubois, Commémorations dans la lumière et la couleur. Vitraux de guerre et patriotiques en Wallonie et à Bruxelles (Jean-François Luneau)

Résumés analytiques

Notes sur le massif occidental de Saint-Denis, par Jacques Moulin

Le massif occidental de l’abbatiale Saint-Denis est un ouvrage suffisamment important dans les débuts de l’architecture et de la sculpture gothiques pour qu’il fasse l’objet d’une remise en question permanente des idées reçues. Grâce aux travaux effectués de 2012 à 2017, la façade et son décor sculpté ont pu bénéficier d’un examen rapproché. Cette observation a permis de tenter une critique d’authenticité des parements et de retrouver plusieurs dispositions qui avaient été oubliées, mais voulues par l’abbé Suger. Après une présentation de ces découvertes, qui concernent autant le bâtiment lui-même que les inscriptions qui l’accompagnaient, les ventaux des portes et les nombreux spolia que Suger mit en avant pour accompagner et justifier son œuvre, le massif occidental de l’abbatiale a été examiné dans son développement historique complexe, depuis l’achèvement du chantier à la fin du XIIe siècle jusqu’aux travaux de restauration les plus récents.
  La démarche a été poursuivie à l’intérieur même du bâtiment et a conduit à une interprétation nouvelle du chantier. Ainsi, la première construction de Suger à Saint-Denis n’apparaît plus comme une avant-nef autonome, comme il a longtemps été affirmé, mais comme un projet avorté de reconstruction complète de l’église, et en particulier de sa nef carolingienne. En dépit des précautions prises par l’abbé, le projet en cours de réalisation fut remis en question par la communauté, et il dut être modifié. Ses deux premières travées furent alors transformées en une sorte d’avant-nef, qui ne prit sa forme actuelle qu’au début du XIXe siècle. Parmi d’autres précisions, il semble nécessaire de faire remonter vers 1128-1130 la date du démarrage du chantier. De même, il convient d’apprécier d’un œil nouveau les travaux effectués par l’architecte François Debret au début du XIXe siècle, car ils établirent les premières méthodes de restauration raisonnée des Monuments historiques et furent beaucoup plus respectueux que ceux commandés par les moines quelques décennies auparavant. Enfin, la redécouverte des pierres et relevés détaillés de l’ancien clocher nord remet au jour une des architectures les plus ambitieuses de la fin du XIIe siècle, où l’emploi savant du métal relayait une technique de taille de pierre ayant atteint un niveau de performance jusqu’alors insoupçonné.
    Mots-clés : Saint-Denis, architecture, massif occidental, façade, avant-nef, XIIe siècle, premier art gothique, restauration, Suger, Debret, Viollet-le-Duc.

Saint-Denis : la verrière de Saint Louis reconstituée, par Thomas Clouet

Une série de dix panneaux de vitraux ornementaux, aujourd’hui dispersée entre Paris, Londres et New York, forme l’un des témoignages les plus aboutis de l’art du vitrail au début du XIVe siècle dans les environs de Paris. Ces panneaux sont caractérisés techniquement par l’usage de jaune d’argent et formellement par la présence de figures grotesques et de petites fleurs de lys disséminées dans leur décor de rinceaux. Une étude historique et dimensionnelle permet de les attribuer à la verrière de la chapelle Saint-Louis du chevet de la basilique Saint-Denis, construite en 1299-1302, ce qui fait d’eux le plus ancien exemple connu d’utilisation de jaune d’argent. Parallèlement, la mise à l’échelle et l’insertion des huit scènes figurées, connues grâce à la description de Peiresc et aux gravures de Bernard de Montfaucon dans ses Monuments de la Monarchie française, permettent de compléter la reconstitution de la verrière, qui fut conçue comme la composante principale du riche décor de la chapelle.

Mots-clés : vitrail, jaune d’argent, grisaille, grotesque, Saint-Denis, Saint Louis.

English Summaries

(Traduction de Patricia Stirnemann)

Notes on the west front of the Abbey of Saint-Denis, by Jacques Moulin

The west front of the Abbey of Saint-Denis is a sufficiently important work for the birth of Gothic architecture and sculpture that received ideas must be called into question on a permanent basis. During works on the site from 2012-2017, the facade and its sculpted decoration were carefully examined, during which the authenticity of the facing was verified and it was noted that several dispositions desired by Abbot Suger had been forgotten. After a presentation of these findings, which concern the building itself and the accompanying inscriptions, the doors and the many spolia that Suger put forward to accompany and justify his work, the west front of the abbey was examined in its complex historical development between the closure of the worksite at the end of the 12th century until the work of the most recent restorations.
Research was continued on the interior of the building and led to a new interpretation of the worksite. Thus, the first construction of Suger at Saint-Denis no longer appears to be an autonomous fore-structure, as has long been affirmed, but an aborted project to reconstruct the church completely, especially the Carolingian nave. Despite the precautions taken by the abbot, the project once under way was disputed by the community, and had to be modified. The first two bays were transformed into a sort of narthex/avant-nef which only took its actual form in the early 19th century. Among other correctives, it seems necessary to push back the dating of the start of the worksite to 1128-1130. Likewise, the work of the architect François Debret in the early 19th century deserves to be reconsidered, because he established the first reasoned methods of restoration for historical monuments and these were much more respectful than those undertaken by the monks a few decades earlier. Finally, the discovery of the stones and detailed drawings of the old north bell-tower reveal one of the most ambitious architectural structures of the late 12th century, where the knowledgeable use of metal relays with a technique of dressed stone that has arrived at a previously unsuspected level of performance.

Keywords : Saint-Denis, architecture, west front, facade, narthex/avant-nef, 12th century, first Gothic art, restoration, Suger, Debret, Viollet-le-Duc.

Saint-Denis : the stained-glass window of Saint Louis reconstructed, by Thomas Clouet

A series of ten panels of ornamental stained glass dispersed between Paris, London and New York constitute one of the finest examples of glass painting from the early 14th century in the region of Paris. The panels are characterized by the use of jaune d’argent (yellow stain/silver yellow and by the presence of grotesque figures and small fleurs de lys set into the rinceaux decoration. A study of the history and dimensions of the panels has led to their attribution to a window in the chapel of Saint Louis in the chevet of the basilica, which was built in 1299-1302, making this the oldest known example of the use of jaune d’argent. In addition, the insertion of eight figural scenes adapted to scale, known from the description by Pieresc and the engravings of Bernard de Montfaucon in his Monuments de la Monarchie française, complete the reconstruction of the window, which was conceived as the principal component of the chapel’s rich decoration.

Keywords : stained-glass window, yellow stain/silver yellow, grisaille, grotesque, Saint-Denis, Saint Louis.

Deutsche Zusammenfassung

Traduction de Pierre Steimer

Bemerkungen zum Westwerk von Saint Denis, von Jacques Moulin

Die herausragende Bedeutung des Westwerks der Abteikirche von Saint Denis aus den Anfängen der gotischen Architektur und Bildhauerei gebietet eine ständige Infragestellung vorgefasster Meinungen. Dank der von 2012 bis 2017 durchgeführten Arbeiten konnte die Fassade mit ihrem Skulpturenschmuck einer eingehenden Analyse unterzogen werden, die es erlaubte, eine Echtheitsprüfung der Mauerfläche zu versuchen und mehrere Elemente aufzufinden, die, obwohl von Abt Suger gewünscht, vergessen worden waren. Der vorliegende Artikel präsentiert diese Neuentdeckungen, die sowohl den Bau selbst als auch die ihn begleitenden Inschriften, Türflügel, und zahlreiche Spolien betreffen, die Suger in Szene gesetzt hatte, um sein Werk zu begleiten und zu rechtfertigen. Danach wird die komplexe historische Baugeschichte beleuchtet, und zwar von der Vollendung des Baues Ende des 12. Jh. bis zu den neuesten Restaurierungsarbeiten.
Diese Vorgehensweise wurde auch im Inneren des Bauwerkes fortgeführt und gipfelte in einer Neuinterpretation der Anlage. So präsentiert sich der erste Bau Sugers in Saint Denis nicht mehr, wie lange behauptet, als ein autonomer Westbau, sondern als das gescheiterte Projekt eines vollständigen Wiederaufbaus der Kirche und insbesondere ihres karolingischen Langhauses. Trotz der vom Abt getroffenen Vorkehrungen wurde das in der Ausführung begriffene Projekt von der Mönchsgemeinschaft in Frage gestellt und muss abgeändert worden sein. Die ersten beiden Joche wurden nunmehr in eine Art Vorhalle umgewandelt, die ihr heutiges Aussehen erst Anfang des 19. Jh. erhielt. Weiterhin erscheint es notwendig, den Beginn der Bauarbeiten in die Jahre 1128-1130 zu datieren. Ebenso gilt es die Restaurierungsarbeiten des Architekten François Debret zu Beginn des 19. Jh. mit neuen Augen zu betrachten, weil unter seiner Leitung zum ersten Mal die „sachkundigen Restaurierungsmethoden an Kunstdenkmälern“ zur Anwendung kamen und weil der Bau viel respektvoller behandelt wurde, als es die Mönche einige Jahrzehnte früher getan hatten. Schließlich lässt die Wiederentdeckung der Steinblöcke des ehemaligen Nordturms sowie deren detaillierte Bestandserfassung eine der anspruchsvollsten Architekturen des ausgehenden 12. Jh. wiederaufleben, bei der der intelligente Einsatz von Metallelementen einherging mit einer bisher ungeahnt leistungsfähigen Steinbearbeitungstechnik.
  Schlagwörter : Saint-Denis ; Architektur, Westwerk, Fassade, Vorhalle, 12. Jh., Frühgotik, Restaurierungen, Suger, Debret, Viollet-le-Duc.

Saint-Denis : Das wiederhergestellte Glasfenster Ludwigs des Heiligen, von Thomas Clouet

Eine Gruppe von 10, derzeit in Paris, London und New-York verstreuten Ornamentscheiben veranschaulichen die absolute Meisterschaft der Glasmaler zu Beginn des 14. Jh. im Pariser Umland. Technisch sind die Scheiben durch den Einsatz von Silbergelb und formell durch Grotesken und kleine in ihrem Rankenornament verstreute Lilienfiguren gekennzeichnet. Eine historische und dimensionale Analyse ermöglicht, sie dem Fenster der von 1299 bis 1302 im Chorhaupt von Saint-Denis erbauten und König Ludwig dem Heiligen geweihten Kapelle zuzuordnen : damit handelt es sich um die älteste bekannte Verwendung von Silbergelb. Gleichzeitig gelingt durch Skalierung und Einfügung der acht figürlichen Szenen die Wiederherstellung des dank der Beschreibung von Peiresc sowie dank der Stiche von Bernard de Montfaucon in seinen Monuments de la Monarchie française bekannten Fensters, das als wichtigste Komponente des reichen Dekors der Kapelle konzipiert worden war.

Schlagwörter : Glasfenster, Silbergelb, Grisaille, Groteske, Saint-Denis, (König) Ludwig der Heilige.

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